A la suite du coup d’Etat de 2009, des défenseur.e.s des droits humains du Honduras ont observé une grande détérioration de leurs conditions de travail et de leur sécurité. Ainsi, en réponse à une demande formulée par les organisations membres de la Plateforme des droits humains du Honduras, un Comité de PBI a mené à bien des missions exploratoires en 2011 et 2012. Les activités de PBI au Honduras ont officiellement débuté en octobre 2013.

Durant les missions exploratoires, des membres de PBI ont réalisé une soixantaine d’entretiens avec des représentantes et représentants des autorités nationales et internationales et avec des défenseur.e.s des droits humains locaux. Ces missions ont permis de conclure que la méthodologie de PBI était adaptée à la réalité du pays et une présence de volontaires encouragée.

Le rapport produit par PBI en 2012 « Honduras – la défense des droits humains, une activité à haut risque » a conclu que les principaux risques auxquels les défenseur.e.s des droits humains, les membres de leurs familles et leurs communautés étaient confrontés étaient l'impunité, la criminalisation de leurs activités et l’usage de la violence par les forces de l’ordre. Le contexte dangereux dans lequel évoluent les défenseur.e.s au Honduras s’illustre par le nombre élevé d'homicides. En particulier, le Honduras était le pays le plus dangereux au pour les défenseur.e.s des droits environnementaux en 2016, selon un rapport de Global Witness.

Fin 2017, les élections générales ont plongé le pays dans une profonde crise politique, qui se traduit encore aujourd'hui par l’augmentation des menaces et violences à l’encontre des défenseur.e.s des droits humains.

L’équipe de PBI Honduras est basée à Tegucigalpa ; elle réalise ses activités dans la capitale et dans les départements de Choluteca, Comayagua, Cortés, Intibucá, La Paz, Olancho, Santa Bárbara, Yoro.

 

Pour plus d'information sur PBI Honduras, consultez la page internet et Facebook du programme et découvrez les actualités liées à ce programme.

 

Actions

L'équipe de PBI Honduras réalise toutes les activités mentionnées dans la rubrique Nos actions.

Organisations et personnes accompagnées

Association LGBT Arcoiris

L’association LGBT Arcoiris est née en 2003 avec pour but d’informer et de renforcer les capacités de la communauté LGBTI des villes de Comayaguela et Tegucigalpa sur des thématiques telles que la santé intégrale, la défense et promotion des droits humains, la diversité sexuelle, ou encore sur des activités telles que le plaidoyer politique ou la recherche. Elle effectue elle-même des recherches sur diverses problématiques auxquelles fait face la communauté LGBTI au Honduras : crimes de haine, migrations et situations d’exil, pratiques et comportements des personnes LGBTI au regard du VIH. L’association sensibilise et renforce également les capacités des personnels des centres de santé, écoles, organisations de parents, etc. Arcoiris fait partie du Comité de la diversité sexuelle du Honduras, un espace de convergence, de réflexion et de prises de décisions politiques pour les organisations de la diversité sexuelle hondurienne. Les membres de l’organisation sont la cible de harcèlement, de surveillance, de détentions, de vols, de menaces et d’agressions physiques. PBI accompagne Arcoiris depuis juillet 2015.

Centre hondurien de promotion du développement communautaire - CEHPRODEC

Fondé en 1991, le CEHPRODEC défend le droit à la terre, au territoire et à l'alimentation. Depuis sa création, l'organisation a développé une grande variété de projets de formation et de soutien juridique et organisationnel, dans l'objectif que les populations qui voient leur droit à l'alimentation bafoué soient les véritables protagonistes dans l'identification des problèmes et la recherche de solutions. Le CEHPRODEC accompagne juridiquement des personnes autochtones criminalisées qui font face à des procès en raison de leur travail de défense de la terre et du territoire.  Le CEHPRODEC est présent dans 10 des 18 départements du Honduras, mais la grande partie de son travail se centre sur La Paz, au sud-ouest du pays. Les membres du CEHPRODEC sont régulièrement l’objet de surveillance, de menaces, de vols, d’agressions physiques et psychologiques. PBI accompagne le CEHPRODEC depuis mai 2014 dans ses diverses missions auprès de communautés autochtones ou paysannes confrontées à des risques dans le cadre de leur travail de défense du territoire.

Conseil civique d’organisations populaires et autochtones du Honduras - COPINH

Créé en 1993, le COPINH milite pour le respect des droits économiques, sociaux et culturels dans le département d’Intibucá, dans la partie sud-ouest du pays. Bien que le COPINH travaille directement avec les communautés d’Intibucá pour protéger leurs droits à l’eau, à la terre et à la vie, son travail a une dimension nationale. PBI accompagne l’équipe coordinatrice du COPINH depuis avril 2016, soit un mois après l’assassinat de sa leader et co-fondatrice Berta Cáceres. Les membres de l’organisation continuent d'être la cible d’intimidations, de menaces, de tentatives d’assassinat, de détentions et de diffamations du fait de leur engagement.

Dina Meza

Dina Meza est journaliste et défenseure des droits humains. Membre du Comité des familles de détenu.e.s et disparu.e.s du Honduras (COFADEH), elle travaille notamment sur les conflits agraires dans la région du Bajo Aguan, une région militarisée en réponse à une forte mobilisation paysanne pour l'accès à la terre. Elle est la fondatrice et la Présidente de PEN Honduras, une organisation qui soutient des journalistes menacés. Elle est également fondatrice du site d’information en ligne Pasos de animal grande, où elle publie des informations sur les violations des droits humains et la corruption au Honduras. En parallèle, Dina Meza apporte un soutien juridique et pédagogique aux journalistes et communicant.e.s menacés du fait de leur travail. La journaliste est la cible de nombreuses intimidations et menaces, dans un contexte national particulièrement violent à l’encontre des journalistes. PBI Honduras accompagne Dina Meza depuis mai 2014.